Michel-BRISSAUD- Photographe

Michel Brissaud né à Forbach en Moselle vit et travaille à Paris.

Formé dans les années 80 à la photographie dans un club photo SNCF, il pratique assidûment la prise de vues et le laboratoire noir et blanc.

Dans les années 2000, il contemple les paysages industriels et ruraux, les friches, les territoires, témoins d’un monde qui change. Ses photographies témoignent avec une nostalgie heureuse du temps qui passe, de l’activité des hommes, des mais aussi du déclin progressif, de l’abandon.

Pendant deux ans, Michel Brissaud se rend régulièrement à Mirmande. Il arpente la ville, passe et repasse dans des ruelles qu’il apprend à connaître. Chaque voyage est l’occasion de nouvelles découvertes dans ce village de pierre à flanc de montagne ; de nouvelles ruelles, de nouvelles cours intérieures s’offrent à lui pour une tentative d’épuisement d’un lieu qui lui devient familier. L’homme est en général absent mais il se laisse deviner.

« Mirmande est une série très personnelle. Je suis revenu à certains fondamentaux : un appareil rudimentaire en plastique, sans électronique, sans réglages possibles et des rouleaux de films pleins les poches… »

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Pourquoi le format carré ?

« J’ai le sentiment d’une plus grande force dans la construction de l’image. Le carré révèle des constructions stables et puissantes. On se dispense également de la réflexion du cadrage horizontal ou vertical »

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Dans ses images, cette double symétrie met directement en relation les éléments de l’image, la centralité devient prédominante et l’équilibre peut être parfait. La lecture en devient plus directe, la frontalité comme construction de l’image devient prédominante, les éléments qui la constituent deviennent aussi immobiles que solides.

2008 est l’année d’un tournant dans sa pratique photographique. Une première collaboration avec un éditeur spécialisé dans le livre d’entreprise lui permet de s’approcher d’un monde industriel secret et d’entrer dans la vie quotidienne des entreprises. Il photographie le « vivant » comme les fondeurs, les verriers, les plasturgistes dans l’exercice de leur métier tout en pensant à August Sander. Il illustre, documente, toujours avec la complicité des hommes, toujours en quête d’une réalité sociale.

« Restent aujourd’hui des lieux, des terrains vagues, des friches industrielles qu’il me plaît toujours à parcourir »

La digue du Braek #4
La digue du Braek #32
La digue du Braek #22

« Je poursuis aujourd’hui mes travaux photographiques en moyen et grand format traditionnel sans renoncer aux techniques numériques, notamment pour les tirages.»

Paris est aussi l’un des ses thèmes favoris, un livre « Paris un jour, Paris toujours » a d’ailleurs été édité.

 

Enfin, il y a le noir comme une quête d’un Graal. Les photographies de Michel Brissaud sont sombres mais elles ne sont pas tristes. Le noir ne sert qu’à mettre en valeur les formes, les textures et les lignes, orchestrées par une grammaire propre et intemporelle.

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Incursion dans la couleur : Série « La mémoire de la terre « .

Fleury devant Douaumont village détruit en 1916 pendant la bataille de Verdun il  ne fut pas reconstruit. En 1918, le village est déclaré « Mort pour la France ». Aujourd’hui, cet endroit dédié au souvenir n’est plus que creux et  bosses, stigmates de l’intensité des bombardements.